Rencontre avec le pilier international de la Section. Il nous fait entrer dans les coulisses du quotidien des joueurs, entre deux matchs…

Bon vivant, le Corrézien a su se faire violence pour s’imposer à Clermont puis en équipe de France. Après un travail intense, Thomas Domingo a enchaîné les titres à commencer par ceux de Champion de France Espoir en 2006 avec les Jaunards, et champion du monde des moins de 21 ans avec les Bleuets. Il débute dans le Tournoi des 6 Nations en 2009, puis remporte le Grand Chelem l’année suivante.

A 33 ans, ce joueur exemplaire a des journées bien chargées, entre les exigences du rugby de haut niveau, l’entraînement des cadets de la Section, sa vie familiale et ses affaires. Coéquipier de Julien Pierre à Clermont pendant 7 saisons, la complicité et l’amitié sont restées puissantes. Qui mieux que Thomas Domingo pour nous dévoiler la semaine-type d’un joueur…

Le lundi, après avoir accompagné vos enfants à l’école, direction le centre d’entraînement ?
Thomas Domingo – Oui, pour une journée placée sous le signe de la récupération. Chacun arrive au Centre d’entraînement Macron en fonction de ses besoins de massage, de soins et de récupération physique. La matinée commence par le visionnage des séquences vidéo individuelles prédécoupées par le staff sportif, chacun pouvant analyser ses performances… Nous avons aussi à disposition toutes les datas : distances parcourues, nombre d’accélérations, de passages au sol de plaquages.
Vers 11h, place à une séance vidéo collective pour tirer les enseignements du dernier match. Le staff lance ce travail en commun, pendant lequel il peut solliciter l’intervention des joueurs et favoriser une interaction. Tout va très vite sur le terrain, on ne se souvient pas forcément de tout. Ces vidéos, comme celles des entraînements, sont donc très utiles et l’on s’en sert toute la semaine, pour revenir sur certains points ou sur des phases de jeu.
Après un déjeuner au calme avec ma femme, Claire, je retourne au centre pour une nouvelle séance vidéo collective : on bascule sur le match suivant. Il s’agit de trouver les clés pour se mettre en position de décrocher une victoire, de définir les systèmes de jeu et d’adapter l’entraînement terrain de la semaine. Décrassage, entretiens individuels… la journée se termine sur un mode très personnalisé avant une soirée en famille.

 

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Mardi. Une journée très chargée...
Th. D. - Dès 8h/8h30, commence une journée d’entraînement très chargée. En principe, l’équipe est alors annoncée pour permettre à chacun de se préparer en conséquence. Le matin est organisé avec des séances séparées : les avants d’un côté, les lignes arrières de l’autre. Avec les avants, nous attaquons par une séance vidéo centrée sur la touche, puis nous allons environ 40 minutes sur le terrain afin de préparer tous les systèmes pour le week-end, en fonction de l’adversaire. On puise dans une base de combinaisons utilisées régulièrement, mais on peut aussi en ajouter de nouvelles. Il n’y a pas de nombre précis, chaque match impose des options différentes. La séance dure le temps nécessaire pour bien se préparer et parfaitement assimiler les combinaisons. Puis, nous enchaînons sur une séance de musculation.
Tout le monde se retrouve ensuite pour un déjeuner de cohésion à « La Cantine de la Section ». Les joueurs profitent ainsi d’un moment convivial autour d’une restauration équilibrée.
L’après-midi est consacrée à une séance rugby intense, réunissant tout le groupe : une grosse charge énergétique. A la fin de cette session, nous passons à la mêlée pour être parfaitement au point : liaisons, attitudes, positionnement de chacun, poussée... Ça pique ! La mêlée impose une remise en question permanente. On remet beaucoup de compteurs à zéro chaque semaine.
Bref, une journée capitale et extrêmement exigeante physiquement.

Le mercredi est une journée off, mais pas inactive…
Th. D. – Oui, une journée off bienvenue pour s’occuper des enfants, de la famille, en plus d’une petite pause café avec les copains. Ma femme, Claire, intendante du club de rugby de Morlaàs, fait le taf pendant que nos deux enfants vont à l’entraînement. Quant à moi, je me suis lancé un nouveau challenge en donnant un coup de main pour coacher les cadets de la Section Paloise et leur faire découvrir les bases des phases de conquête. C’est très sympa. Je me régale ! Ils sont très réceptifs et cela me permet d’entrer dans une autre démarche, d’avoir une autre vision du rugby. Ayant envie de rester dans le monde du rugby, j’ai prévu de commencer à passer les diplômes d’entraîneur dès la saison prochaine.

 

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Jeudi en mode explosivité ?
Th. D. – Exactement. Le matin, retour à l’entraînement intensif. Comme le mardi, nous commençons par des séances de travail séparées. On visionne l’entraînement du mardi et des séquences que le prochain adversaire pourrait mettre en place autour des touches. Séquences souvent préparées par les capitaines de touche. Les avants débutent sur le terrain pour réviser les gammes, tandis que les arrières font de la musculation orientée vers l’explosivité et la vitesse ; puis, inversement, les arrières sur le terrain, les avants en salle. Tout le monde se retrouve en fin de matinée, en condition de match, avec beaucoup de vitesse et d’intensité. Les touches, les mêlées, la défense, les rucks, les attaques… Tout est concentré sur la matinée, jusque vers 13h. Tandis que certains participent à la conférence de presse d’avant-match l’après-midi, d’autres passent aux soins. Pour les autres quartier libre, repos et détente.

Vendredi, déjà dans la concentration ?
Th. D. – Effectivement, chacun commence à se projeter sur le week-end, à sa manière, avec ses habitudes voire ses routines. Ceux qui font partie du groupe participent à l’entraînement du capitaine, au petit trot, histoire de peaufiner les derniers réglages. Pendant ces 20-25 minutes, il s’agit surtout de s’assurer que tout le monde connaît bien les systèmes prévus. Quant aux autres, ils ont des programmes physiques personnalisés pour garder la forme. Pour les rencontres à l’extérieur, départ dans l’après-midi, détente et concentration, dîner consistant, mais suffisamment digeste pour bien dormir et se réveiller en pleine forme. Lors des matches au Hameau du samedi en fin d’après-midi, le groupe se retrouve au stade à 13h30 pour prendre le bus, direction le Novotel de Lescar. Un repas, une sieste et c’est reparti !